Pat McCarthy

Pat McCarthy, « Brick by Brick », commissariat Laura Morsch-Kihn / 23 avril – 5 juin / FRAC PACA – Marseille

Pat McCarthy a débuté son fanzine au titre choc Born to Kill alors qu’il parcourait seul, à pied, les Etats-Unis. Le fanzine lui apparut comme le medium idéal pour raconter ses pérégrinations sous forme de « road stories » en interagissant avec les personnes croisées sur la route et au-delà.

De retour à New York, il s’invente et se fabrique son propre outil de travail ambulant : une mobylette équipée d’un barbecue à gaz lui permettant de griller des sandwichs au fromage qu’il vend un dollar pièce dans les rues de New York, de vernissages branchés en bars malfamés. Ici, c’est au travers de la série « Cheesebike » que l’on suit ses nouvelles aventures qui mêlent rencontres nocturnes, objets bricolés, recettes et journal comptable, exposant, au quotidien, les exigences et les récompenses financières d’une activité illégale .
Installé à Bushwick, son attention se concentre sur le paysage immédiat. Il débute, alors, un élevage de pigeons sur le toit de son immeuble. Les pigeonniers, baptisés Babylon, qui abrite une centaine d’oiseaux, sont à l’origine de tout un ensemble de pratiques : architecture, chorégraphie, envols de pigeons, céramique, biologie, ornithologie, sociologie … Il consacre à cette nouvelle activité la série « Pigeoning », qui reste à ce jour son travail le plus étendu.
Lieu de performance, d’expérience, de construction de soi et d’imaginaire, le fanzine, chez Pat, articule une multitude de fonctions : essai littéraire, journal de travail, carnet de voyage, dépôt d’archive, photo-journal… Pour son lecteur, c’est une intervention directe et clandestine dans la sphère privée de son quotidien. Relevant d’une esthétique de l’existence au sens de Michel Foucault et Pierre Hadot, le fanzine relève, ici, d’un processus de création où la poésie, la mobilité, l’interaction, l’artisanat et la débrouillardise deviennent autant de tactiques au sens de Michel de Certeau pour s’inventer un quotidien où viennent se confondre l’art et la vie.
Héritier d’une esthétique punk alliant radicalité et bricolage et reflètant son statut — si statut il y a — d’artiste autodidacte, la pratique du fanzine est pour Pat de l’ordre d’un manifeste : « Dans la fabrication d’un zine, l’artiste utilise des outils basiques et universels pour articuler et distribuer ses idées : papier, stylo, photocopieur noir et blanc. Au quotidien, tu transporte ces outils dans ton sac à dos et les photocopieurs, eux, t’attendent dans chaque ville à travers le monde.» Ce minimalisme délibéré de l’artisanat permet aux zines de se concentrer sur le contenu et le concept. L’information, non filtrée, circule de manière brute, des mains de l’artiste à celle du regardeur. Le photocopieur fait ressortir les marques psychiques de construction de la copie originale. Les Zines sont des constructions d’expériences tridimensionnelles. Les pages sont des briques. Et les briques sont des jours de travail. Des séries “d’étapes et d’actions” ».
Avec Pat McCarthy, le fanzine devient ce nouvel espace où l’art peut se faire.
Il s’agit alors d’imaginer une exposition qui, telle une cartographie des territoires du fanzine et autres terrains irrigués, nous transporte à travers un millier de pages ouvertes qui construisent, Brique par brique, une architecture sans architecte. Clouées à même les murs, celles-ci apparaissent comme à la fois art et document. En l’absence de tout classement, elles constituent une archive sauvage autant qu’une multitude d’œuvres.
De ces pages sortent des sculptures comme une mise en abyme du jeu de correspondances entre le zine et les autres media utilisés par l’artiste. Sans hiérarchie aucune, chacun devient matière pour l’autre ou forme d’inspiration. Ici, c’est tout un processus de création qui se dévoile. La précarité du papier se transpose sur une plaque de céramique pour en faire une œuvre quasi éternelle. Le zine entrouvert inspire un perchoir à oiseaux. Le film super8  Flights  se regarde telle une succession de photocopies. Le Chariot de papier est une invitation à l’en-dehors, à la déambulation urbaine et au glanage. Un outil d’action capable de produire de l’art là où l’on ne l’attend pas, un mode de relation à l’autre en mesure de susciter la rencontre, créant ainsi une succession de situations telles des « micro-espaces publics ».
Le recours à des techniques ancestrales ou tombées en désuétude, offre, ici, leur potentiel poétique et narratif comme autant de marques de résistance de la part de l’artiste face à un monde consumériste à l’obsolescence programmée. Pat cherchant à transporter, pas à pas, le regardeur-lecteur dans un monde bricolé où le sauvage interagit avec le domestique, avec toute liberté de se construire sa propre narration.
Laura Morsch-Kihn, commissaire de l’exposition
Biographie
PAT McCARTHY (né en 1987, Danbury, USA. Vit et travaille à New York, USA)

 : le travail de Pat McCarthy est principalement orienté vers le fanzine, la sculpture, la performance, le film court et le voyage performatif.  En 2009, il lance ses séries de fanzines Born to Kill et Skirts. À ce jour 80 numéros ont été publiés et édités à plusieurs centaines d’exemplaires. Depuis 2012, une grande partie de sa pratique artistique se concentre sur les rituels d’entrainement et de vols de d’une centaine de pigeons depuis son toit de Brooklyn.
Ses récentes expositions comprennent l’exploitation d’un magasin d’alimentation pour pigeon à la Muddguts Gallery située à New York. En 2014, il entreprend un voyage en mer, à bord d’un cargo fret, pour transporter sa Cheesebike, depuis Philadelphie pour l’exposer à la Delire Gallery à Bruxelles . À l’automne 2015, il fabrique un abri pour pigeon au coeur de la galerie Evergold à San Fransisco. Entretien avec Pat McCarthy
Curriculum Vitae
Expositions solo
2016 Brick by brick, commissaire Laura Morsch-Kihn, Fonds Régional d’Art Contemporain, Marseille
2015 Shelters, Ever Gold Projects, San Francisco
2015 Slabs, Agnès B., New York
2014 Pat’s Pigeon Club, Muddguts, Brooklyn
2013 Delire Gallery, Brussels
Expositions collective (sélection)
2016 Satan Ceramics (Tenderloin Edition), Ever Gold Projects, San Francisco
2015 The Newsstand, New Photography, Museum of Modern Art, New York
2015 Field Effects, commissaire Laura Morsch-Kihn, Le Cap, les Rencontres d’Arles Festival, Arles
2014 Thanks for Nothing, Muddguts, Brooklyn
2014   The Smiley Face Show, Salon 94, Frieze London
2014   Satan Ceramics, Salon 94, New York
2014   It’s an Invasion, National Arts Club, New York
2014   Delire Gallery, Brussels
2013   la Dernière Vague, curator Richard Leydier, la Friche de la Belle de Mai, Marseille
2013   In Praise of Chance and Failure, Family Business, New York
Honeurs
2012 Werner Herzog’s Rogue Film School
2012 Tom Sachs Space Program
2007 Tom Sachs Space Program

Brick by Brick

du 22 april – 5 june 2016 / Opening  22 april 2016
Curator : Laura Morsch-Kihn
Pat McCarthy began his fanzine with the shocking title Born to Kill as he was trekking alone, on foot, throughout the United States. The fanzine appeared to him as the perfect medium for telling road stories about his wanderings while interacting with people whose paths he would cross along the way and beyond.
Upon returning to New York, Pat invents and constructs his own ambulant work tool: a moped equipped with gas barbecue grill allowing him to make grilled cheese sandwiches which he sells for a dollar on the streets of New York, outside trendy art openings or sleazy bars. Here, throughout his “Cheesebike” fanzines one can follow his new adventures mixing nocturnal encounters, DIY items, recipes and bookkeeping, exposing, the daily financial demands and rewards of the illegal occupation.
Settled in Bushwick, his focus turns to the immediate landscape  and he begins raising pigeons on the roof of his building. The pigeon coops, home to hundreds of birds are baptised Babylon, which is the source of a whole set of practices: architecture, choreography, flight, ceramics, biology, ornithology, sociology… He devotes to this new activity the « Pigeoning«  series. His most extensive body of work to date.
As a place of performance, experience, self-construction and imagination, the fanzine, with Pat, articulates a multitude of functions as: literary essay, work and travel diary, archival library, photo diary… For the reader, it is a direct and clandestine interaction in the private sphere of his everyday life. Within an aesthetic of existence, in the spirit of Michel Foucault and Pierre Hadot, the fanzine here reveals a creative process in which poetry, mobility, interaction, craft, resourcefulness take on as many of the tactics as implemented by Michel de Certeau, an attempt to invent a daily merging of art and life.
Heir to a punk aesthetic combining radicalism and bricolage, which reflects his status – if ever a status for self-taught artists were to exist – for Pat, the use of the fanzine is like a manifesto: In zine-making the artist uses basic and universal tools to articulate and distribute ideas – paper, pen and a black and white photocopier.
You carry these tools daily, in your backpack, and the photocopier is waiting for you, one in every town in the world. This deliberate minimalism of craft puts the zines focus on content and concept. Information travels unfiltered, in raw form, from the artist’s hands to the viewer. The photocopier brings out the psychical marks of construction of the master copy. Zines are three-dimensional constructions of experiences. Pages are bricks. And bricks are days of labor. A series of « steps and actions”.
With Pat McCarthy the fanzine becomes a new space where art can be.
It’s thus a question of imagining an exhibition such as, a cartography of fanzine territories and other irrigated landscapes, transporting us throughout a thousand open pages that build, Brick by Brick, an architecture without architects. Nailed on the walls, they are both art and document. In the absence of any classification, they are a wild archive as well as a multitude of works.
From out of these pages come sculptures as a “mise en abyme” of the play of the correspondences between fanzine and other media used by the artist. Without hierarchy, each one becomes material to the other or a form of inspiration. Here, this is a whole creative process that unfolds. The precariousness of the paper is transposed onto a ceramic slab, becoming a quasi-eternal work. The slightly open fanzine inspires a bird perch. The Super8 movie Flights can be seen as a series of photocopies. Le Chariot de Papier is an invitation to the outside, to urban wandering and gleaning. An action tool which is able to produce art where you least expect it, a way of relating to others in order to generate an encounter, creating a succession of situations as « public micro-spaces. »
The use of traditional or out-of-date techniques offers, here, their poetic and narrative potential as a way of resistance expressed by the artist facing a consumerist world of planned obsolescence. Pat is seeking to carry, step by step, the viewer-reader into a world of tinkering where wild interacts with domestic, with the freedom to build his own narration.
Laura Morsch-Kihn, curator.
Biography
PAT McCARTHY (born 1987, Danbury, USA. Lives and works in New York, USA) : 

McCarthy works primarily in ‘zines, sculpture, performance, and short film, and performative travel.
He began his zine Born to Kill in 2009 and to date there are 80 issues, most have been printed in editions of several hundred. Since 2012, much of his work is focused within the rituals of training and flying hundreds of pigeons from his Brooklyn rooftop.
Recent exhibitions include operating a self built feed-and-supply shop for pigeon-keepers in New York at Muddguts Gallery. And in 2014 traveling at sea via cargo freighter from Philadelphia to Brussels with his sculpture the Cheesebike, a motorbike used for cooking and selling sandwiches, arriving after 3 weeks ocean travel at Delire Gallery to activate the Bike for the vernissage. In 2015, he built shelters in the Ever Gold Gallery in San Francisco.
Conversation with Pat McCarthy
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